10.12.2009
Dernière mission? Dernières impressions. De Marco
Nous arrivons au bout de cette mission d'automne ou plutôt d'hiver ici. La ville est couverte de glace, il fait -20°, le soleil se lève. Il n'y a aucun nuage à l'horizon, sauf peut-être la couche de smog produite par les centrales à charbon fournissant l'énergie ainsi que l'eau chaude. Oulan Bator est une vraie usine à gaz d'un peu plus d'un million d'habitants, débordante de vie. Il s'y mêle tradition, vestiges du socialisme soviétique et modernité. Les grues poussent à grande vitesse, les quartiers de yourtes, encore très nombreux, ont tendance à disparaître. Cette ville souffre de la pauvreté et de l'exode rural mais les "fameuses" bouches d'égouts sont presque toutes fermées dans le centre. Le gouvernement tenterai-t-il de cacher ses pauvres? Ceci n'est probablement pas encore le cas en périphérie. Son développement est en constant changement et les nombreux visages occidentaux que l'on y rencontre témoignent peut-être d'un nouvel attrait économique, nous espérons que les ressources naturelles non exploitées, ne seront pas pillées comme elles ont pu l'être ailleurs.


La famille est une des valeurs importante en Mongolie. Il y existe une solidarité impressionnante, nous pourrions en tirer des leçons! Lorsque l'on est introduit dans cette communauté, on bénéficie d'un accueil incroyable et chaleureux.

Cependant, les points positifs s'arrêtent là. Dans la rue, c'est la jungle, on est bousculé, les incivilités sont constantes, notre notion de la politesse est mise à rude épreuve. Cette différence culturelle est difficile à vivre. Il faut toujours être prudent car on risque de se faire cracher sur les pieds, de se faire dépasser dans ce que l'on pense être une file d'attente, traverser une route relève de l'exploit et nécessite beaucoup de courage…
Les mongoles vivent une révolution culturelle, après le départ des soviétiques, ils ont pu retourner à leurs anciennes valeurs. Le bouddhisme et le chamanisme reviennent en force ainsi que la médecine traditionnelle. En ville, il règne une très forte influence occidentale, les jeunes ressemblent à s'y méprendre à nos ados en Suisse. Au contraire, à la campagne, les nomades vivent hors du temps. Ce mode de vie reste encore très présent.

L'alimentation est un véritable défi à toutes les règles de la diététique. Ils mangent de la viande grasse à tous les repas, en particulier du mouton. Les légumes sont rares car ils ne poussent pas en Mongolie, ils sont presque toujours importés et donc chers.

La rudesse du climat oblige les mongoles à consommer ce très fort apport calorique. Les repas sont toujours accompagné de Süütei Tsai (thé au lait salé) et souvent agrémentés de vodka qu'il faut obligatoirement boire! Les spécialités sont plutôt typiques de l'Asie et de la Russie mais restent excellentes. On trouve les Buuz et Bansh qui sont des raviolis à la viande (quelle qu'elle soit) et les Khuushuur (il n'y a pas de faute de frappe!) qui sont beignets de viande à l'huile frits (et ce n'est pas une faute de style!).

Nous allons maintenant partir pour Moscou, escale à cheval entre ces deux mondes, et affronter les 22 heures de voyage qui nous attendent. Nous sommes partagés entre la tristesse de quitter nos courageux collègues mongoles et la joie de retrouver les nôtres ainsi que de retourner vers un climat plus clément. A bon entendeur! Oulan Bator est la capitale la plus froide au monde avec ses 3° de moyenne annuelle!

En attendant la prochaine mission?, nous tenons absolument à remercier Jacques-André Romand, le chef de ce projet, de nous avoir donné l'opportunité de vivre cette formidable expérience.

07.12.2009
De Christa: Joie et consternation aux soins intensifs
Aujourd’hui nous avons vécu simultanément deux situations intenses dans le service. Après le repas, Marco a été averti que l’un des anciens patients du service, qu’il avait soigné en mai dernier, était présent pour saluer l’équipe. Il s’agissait d’un homme qui avait été hospitalisé aux soins intensifs pour une très vilaine plaie infectée au pied qui avait rapidement mal évolué (Valérie se souviendra bien de ce patient car elle m’avait montré des photos impressionnantes de la plaie). Son cas s’était aggravé jusqu’à atteindre un seuil vraiment critique puisque le patient était parti en choc septique, avait dû être mis sous hautes doses d’amines et avait vu sa jambe devenir violette jusqu’à la hanche. Ses reins avaient également souffert de ce choc et il avait frôlé l’hémodialyse. Vu la situation préoccupante et à court de traitements, les médecins lui avaient alors proposé l’amputation du pied ce que le patient avait catégoriquement refusé. Cet homme est resté 40 jours aux soins intensifs et s’en est sorti luttant avec une volonté de fer contre sa maladie. Son mental solide a probablement collaboré à lui sauver la vie et à se présenter devant nous en pleine forme et sur ses deux pied.
Pendant que nous parlions joyeusement du dénouement heureux de cette situation, un groupe de personnes soucieuses et affairées allait et venait dans le couloir des soins intensifs. Il s’agissait en fait de la famille d’une jeune patiente de 25 ans arrivée aujourd’hui dans le service en grande détresse respiratoire. Cette dernière avait été hospitalisée à l’étage voilà 15 jours et avait vu son état se péjorer petit à petit sans que personne ne réagisse. Pour nos médecins, diagnostique difficile à poser vu le manque de données médicales la concernant et pronostique très sombre vu sa maladie de base (leucémie) et son état alarmant.
En discutant avec Shuree, nous avons appris que la famille musulmane refusait que sa parente décède à l’hôpital. Ils ont donc décidé de la ramener en voiture jusqu’à la maison (au Kazakhstan) à 1500 Km de U.B. et ceci sur le champ. Bien qu’informé que tout n’avait pas été tenté pour la sauver et que la jeune femme allait probablement mourir en route si on la laissait partir dans cet état, son père en a décidé ainsi sans consulter la principale intéressée. Difficile à comprendre pour nous. Shuree qui a été la principale interlocutrice de cette famille et qui connaît bien les mœurs et la culture du pays nous a expliqué que, probablement, cette famille craignait la perspective de l’autopsie (presque inévitable dans cet hôpital et incompatible avec la religion musulmane).
Ainsi en est-il ici. Le chaman, le lama peuvent décider du jour où l’on arrêtera de prodiguer des soins chez un patient et un père peut décider du sort de sa fille.
Pour nous, une nouvelle leçon: apprendre à accepter les règles d’une culture différente et respecter les choix dictés par d’autres croyances.
04.12.2009
Lettre de la Dr Shuree
J'écris cette lettre depuis la Mongolie, connue également comme le pays de Chingis Khan. Pour moi, aussi bien que pour mes collègues, le travail avec l'équipe médicale suisse a été mon premier contact avec les traitements fournis dans une unité de soins intensifs d'un pays occidental après notre sortie du socialisme. Notre conception du travail n'avait alors aucune orientation précise et cela depuis longtemps. Depuis lors, grâce à l'équipe suisse, nous avons appris beaucoup de choses utiles et plus modernes non seulement en les apprenant aux HUG mais également en les pratiquant chez nous en Mongolie. J'ai eu l'immense plaisir d'avoir été choisie par mes collègues pour être le premier médecin à pouvoir venir à Genève. Nous en sommes maintenant à la 4ème équipe aux HUG.

Bien que d'être le premier médecin à venir en Suisse était un immense honneur, cela a été également une grande responsabilité car beaucoup d'attentes reposaient sur moi. En effet, je devais pouvoir montrer à mes collègues ici des techniques plus modernes et des traitements plus efficaces. Malgré les problèmes de langues, étudier à Genève a été un grand moment et nous y avons appris le plus possible. A propos de ces problèmes de langues, j'aimerais vous faire partager une anecdote que j'y ai vécue. Un jour, avec ma collègue infirmière (Tsetsgué) nous nous sommes perdues à Genève. J'ai alors demandé mon chemin en anglais à un passant. Celui-ci compris alors parfaitement ma question mais il me répondit en français. Il semble que la plupart des problèmes de langues viennent du fait que quelques personnes en Suisse ne veulent pas parler en Anglais parce qu'ils préfèrent leur langue maternelle ou sont trop fier de leur langue?
Le résultat de ce projet est favorable. Nous avons eu récemment quelques décès dans notre unité, en particulier des jeunes femmes enceintes, liées à des infections par la grippe porcine compliquée d'insuffisance respiratoire. Maintenant, l'unité de soins intensifs de l'Hôpital numéro 1 peut traiter ces patients avec de hauts standards de soins. En effet, plusieurs des ces patients ont pu survivre à cette terrible épidémie bien que cela a été très difficile. Je suis très fière et heureuse de ces résultats qui nous ont également fournis une grande expérience. Je pense que cela est le fruit des efforts fournis par les personnes ayant implémenté ce projet. Un autre très bon résultat a été de pouvoir fournir des soins de très bonne qualité à des patients étranger vivant ici en Mongolie. Ils ont être traité comme il l'aurait été dans leur propre hôpitaux. J'espère que bientôt d'autres unités dans des hôpitaux et cliniques en Mongolie pourront également fournir cette qualité de traitement comme on pourrait se l'attendre selon un standard international.

J'ai eu l'immense plaisir de rencontrer une jeune femme mongole à Genève ayant pu bénéficier d'une transplantation hépatique. Lorsque je l'ai rencontrée, j'ai pensé que si elle avait été en Mongolie, elle n'aurait pas pu vivre longtemps en raison de l'absence de ce type de traitement chez nous. J'ai eu la chance de pouvoir la revoir en Septembre et elle m'a dit qu'elle étudiait à l'université en Suisse. Ceci est un des nombreux exemples de vie sauvée par l'équipe médicale suisse pour lequel je suis très reconnaissante. Je suis très heureuse de l'implantation de ce projet suisse en Mongolie et j'espère que celui-ci pourra se poursuivre et étendre ses opérations pour encore plus aider les gens qui ne peuvent pas être traités dans un environnement moderne.

Finalement, je remercie du fond de mon cœur les personnes qui ont débuté et implanté ce projet. Je voudrais également utiliser cette opportunité, au nom des tous les médecins y ayant participé et au nom des patients qui ont pu être sauvés dans notre unité, vous dire un grand merci et que dieu vous bénisse.
02.12.2009
Mes collègues suisses suite de la lettre de Tsetsge
Avant mon départ, au vu de la qualité de mon français, il a été décidé d'abandonner la formule avec traductrice pour les prochaines missions. Depuis mon retour, j'ai continué à pratiquer cette langue en lisant, en écoutant des chansons, en regardant également des films et en parlant avec mes collègues genevois lors de leur séjour en Mongolie. De plus, j'ai immédiatement commencé à changer les pratiques dans mon service et essayant d'appliquer ce que j'ai appris en Suisse. Ces changements sont difficiles à appliquer mais petit à petit notre pratique a évolué dans tous les domaines de soins ainsi que dans l'utilisation du matériel.
Depuis mon retour de Suisse, à chaque mission, je fais de mon mieux pour montrer que j'applique ce que j'ai appris lors de mon stage à Genève. Je reste persuadée que l'évolution de ma profession s'améliore au fil du temps. Ce projet a maintenant bientôt 10 ans et j'ai rencontré beaucoup de collègue de Suisse dans le service et à Genève aussi. Il est important pour moi des tous les énoncés pour les remercier: Claire-Lise Bussien, Chantal Sage, Nathalie Giger, Brigitte Panchaud, Elodie Jehl, Valérie Saillard, et Christa Bosson pour les infirmières; Isabelle Gérard, Patrick Koenig, Raphaël Giraud, Emmanuel Charbonnet, Robert Laribeau, Marco Conti pour les médecins et finalement Jacques-André Romand, le chef du projet.
Pour nous, cela a été à chaque fois une nouvelle expérience de travailler avec toutes ces personnes car leur personnalité était toujours différente. De plus, il a été intéressant également pour nous de les observer dans notre mode de fonctionnement sans toutes les machines et appareil de monitoring auxquels ils sont tous habitués. Ils ont dû faire preuve d'adaptation et d'imagination.
Nos compétences dans le service se sont beaucoup améliorées et notre travail est devenu peut-être un peu plus facile. Notre qualité de soin est également meilleure. Nous pouvons prendre en charge des patients de plus en plus malade. De plus, il y a eu 4 équipes d'ici qui sont allées à Genève et de plus en plus d'infirmières et de médecins du service parlent en anglais. De ce fait, notre collaboration est plus facile maintenant.
Pour terminer, cette collaboration nous a permis de changer par nous-mêmes notre façon de travailler et non pas uniquement du fait des différentes missions qui sont venue ici. Nous avons créé notre propre façon de fonctionner aux soins intensifs avec nos propres moyens.

J'aimerai remercier tous mes collègues suisses; merci de cette collaboration ces dernières années, et sachez que j'attends toujours avec impatience l'arrivée de la prochaine mission. Je suis triste à l'idée que ce projet soit bientôt terminé. Nous serons toujours heureux d'accueillir de nouvelles missions que ce soit de Genève ou d'ailleurs…

01.12.2009
Mes collègues suisses de l'infirmière Tsetsge
Je travaille avec mes collègues suisses depuis longtemps. Les débuts ont été difficiles car personne ne parlait français ou anglais dans le service. La première infirmière genevoise présente à ce moment (Claire-lise) devait payer une traductrice à plein temps. Cette période a été difficile car celle-ci ne connaissant pas les termes médicaux que ce soit pour les médicaments ou le matériel. Il a fallut inventer des nouveaux mots. La première mission de Claire-Lise a été de tenter d'expliquer à l'équipe quels étaient le rôle et le travail spécifique d'une infirmière de soins intensifs. Jamais nous n'aurions pu penser que cela représentait une spécialité à part entière. Cette formation n'existe pas ici, les infirmières sont toute égales après la fin de leurs études. Après trois années successives des missions genevoises sur place, j'ai pu aller à Genève pour améliorer mes compétences et mes connaissances d'infirmière aux soins intensifs. J'eu l'honneur d'être choisie par Jacques, Claire-Lise, Chantal et Isabelle pour être la première infirmière à venir en Suisse. Aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas pourquoi j'ai été choisie.
Mes débuts à Genève ont été très difficile car je ne parlais pas français ni anglais. J'ai beaucoup souffert au début de la nostalgie du pays. La première fois que j'ai dit bonjour à quelqu'un, il ne m'a pas compris bien que j'ai tenté de le dire en français! Je pensais ne pas pouvoir rester travailler pour les 6 mois suivant à Genève. Mais j'étais coincée ici, il m'était impossible de m'enfuir vers la Mongolie! Je me suis donc forcée à apprendre cette langue pour survivre. Mes deux premiers mois ont été essentiellement dédiés à l'étude du français. Par la suite, j'ai enfin commencé à comprendre les gens autour de moi. Cette période a dû être difficile également pour mes collègues genevoises en raison de ces problèmes de communications. A la fin de mon séjour, j'ai enfin réussi à communiquer en français malheureusement c'était déjà le moment de rentrer chez moi

Malgré ces problèmes de langue, j'ai énormément appris sur mon travail. Cependant, dès le moment que j'ai pu m'exprimer en français, à plusieurs reprises j'ai été confrontée à mes collègues de Genève qui parfois ne voulait ou ne pouvait pas m'apprendre des choses. Je me suis entendue dire quelques fois qu'en Mongolie nous n'avions pas de soins intensifs et donc que je n'avais pas besoin de comprendre et de savoir comment faire certains soins. Dès le moment ou j'ai commencer à bien comprendre le français, j'ai été confrontée à deux phénomènes: le premier est que de plus en plus de monde venait me parler mais le deuxième, moins agréable, a été d'entendre certaine personne critiquer notre travail en Mongolie. Mon caractère m'a souvent obligée à aller leur parler car si je suis venue à Genève c'était bien pour apprendre ce travail et aussi pour leur montrer que je comprenais ce qui avait été dits!
30.11.2009
Nuit Mongole
Nos amis mongols sont décidément très soucieux de notre bien-être. Après avoir été invités à deux reprises la semaine dernière, c’est Otro qui, cette fois-ci, nous a organisé une soirée en yourte pour ce début de week-end.
Quelques jours plus tôt, il a été convenu que les femmes de l’équipe médicale se chargeraient de préparer le repas et que Marco et moi nous occuperions des boissons (c’est-à-dire de l’alcool). Nous avons donc pris garde de constituer une bonne réserve et surtout d’acheter quelques bouteilles d’eau et de coca pour avoir un peu de choix.
Vendredi en fin d’après-midi, nous deux suisses ainsi que 7 médecins mongols avons embarqué pour aller prendre possession de 2 yourtes à environ 2h de route plus loin, dans un paysage enneigé et grandiose.
Après avoir mis le feu en route (la température à l’intérieur comme à l’extérieur de l’habitacle était alors de – 20°), le chirurgien de l’équipe, autoproclamé chef du barbecue, s’est immédiatement mis à la cuisson de la viande pendant que les cuisinières du jour disposaient leurs plats alléchants sur la table centrale. Pendant ce temps, les verres se remplissaient déjà de vodka ou de vin rouge se vidant presque aussitôt! Nous avons mangé et bu dans une épaisse fumée provoquée par la cuisson de la viande, l’aération centrale de la yourte ne faisant pas partie des options pendant la saison froide.
Puis Agi nous a fait la surprise et le grand honneur d’inviter un groupe de musiciens mongols qui ont réchauffé l’ambiance, un peu plus encore, avec une musique très traditionnelle et une technique de voix « diphonique » typiquement mongole.

La soirée était lancée et quand les musiciens ont terminé leur prestation (qu’ils ont d'ailleurs repris un peu plus tard sans trop se faire prier) ce fut au tour de chacun de nous d’entonner une chanson de son choix suivi par la totalité de l’assemblée. A ce jeu-là, les mongoles ont brillé bien plus que les genevois. Ce peuple possède un répertoire impressionnant de chants traditionnels d’une beauté à couper le souffle et tous ont des voix magnifiques. Entre chaque chanson, on ne manquait pas de remplir les verres, que certains terminaient d’une traite et que d’autres buvaient à toutes petites gorgées en fonction du seuil de tolérance.

En fait de nuit mongole c’est plutôt d’une très longue soirée qu’il s’est agit puisque, à par Marco et moi, qui sommes allés nous coucher (tard), le reste des fêtards n’a pas dormi. Notre temps de sommeil fut de courte durée car le feu que nous avions pris garde d’alimenter avant de nous mettre sous les draps, a naturellement fini par s’éteindre et nous avons terminé notre nuit à moins – 20°. C’est donc assez mal-en-point que nous nous sommes tous retrouvés le samedi matin autour d’une soupe de gras, de mouton et de farine préparée par le staff du campement, soupe que nous avons dégustée en fonction de notre seuil de tolérance, là aussi.
Pour terminer le voyage Otro nous a prévu une visite au site de « la tortue » (immense rocher et forme de… tortue) et dans un très beau temple bouddhiste juché à flan la montagne.

Le retour fut très calme puisque, à part le chauffeur, Marco et moi-même, tout le monde a profité de la route pour commencer sa nuit.
27.11.2009
Politiquement correct ou mismanagement?
La médecine intensive est une spécialité très pointue et hi-tech qui nécessite une expérience importante avec une exposition suffisante pour augmenter son efficience. De là vient l'idée d'une masse critique de patients donnés pour maintenir un niveau de compétence suffisant. La tendance actuelle en Suisse et ailleurs également dans le monde est de diminuer le nombre de petites unités afin de les fusionner. Ceci permet donc d'obtenir cette masse critique et d'assurer un niveau de formation et de qualité de soins pour traiter ces patients très malades. La ventilation mécanique en est un bon exemple.

En cette période de grippe pandémique, le gouvernement mongole a décidé d'augmenter son parc de respirateur de soins intensifs. En effet, une vingtaine de nouvelles machines ont été achetées. Nous l'avons dit déjà à de multiples reprises, l'unité de soins intensifs de l'hôpital central #1 est probablement la seule a pouvoir fournir cette compétence. Malheureusement, les moyens financiers locaux étant ce qu'ils sont, le matériel (en particulier les respirateurs) est en très mauvais état et tombe souvent en panne.
On aurait pu imaginer qu'une bonne partie de ces nouvelles machines aurait été attribuée à ce service. Que neni! Le ministère de la santé a décidé de procéder à un partage chrétien. Une partie s'en allée vers de petits hôpitaux de campagne et le reste à UB. A première vue cela semble juste. Je ne me prononcerai pas quant à la qualité des services de réanimation périphériques, mais ayant vu l'état de ces services à UB, je me permets d'émettre quelques doutes sur le bien-fondé de cette décision!
25.11.2009
La grippe suite et fin?
Pour faire suite au blog précédent sur la grippe et ses effets sur le moral et l'état de fatigue du personnel des soins intensifs, nous aimerions vous donner également un aperçu de l'organisation locale sur la prévention de la propagation de l'épidémie. Le premier contact se fait dans l'avion d'abord vers Moscou puis vers UB. Nous avons dù remplir un formulaire, non pas comme aux Etats-Unis pour savoir si nous venons tuer le président, mais sur nos derniers déplacements ou si nous présentons des symptôme grippaux. A notre arrivée, le comité d'accueil se fait par le biais du service sanitaire qui fait une tournée en cabine avant le débarquement puis au sol avec des douaniers gantés et masqués.
En ville, même topo. Les masques sont partout cependant, on ne sait pas si c'est parce que Zorro a fait des émules, si c'est pour se protéger de la grippe ou simplement pour réchauffer l'air qui est si froid? Autre mesure étonnante c'est la fermeture de tout les établissements publiques comme les restraurants dès 21 heures. Est-ce réellement utile, dans tous les cas cela ressemble à s'y méprendre à un couvre-feu!

A l'hôpital, des barricades faites de paravents bloquent la plupart des couloirs pour empêcher le transit des malades et familles entre les différents service. Ces mêmes barricades sont présentes devant les entrées de l'hôpital mais accompagnées de gardes qui filtrent de façon quasi militaires les allées et venues. Est-ce réellement utile? Ce qui est sûr c'est que nous avons régulièrement beaucoup de difficulté à accéder dans l'unité qui est cernée par ces gardes et barricades. Nos problèmes de communication ne nous facilitent pas la tâche et nous devons parfois faire preuve de créativité pour accéder à notre lieu de travail. Heureusement, l'épidémie semble en diminution, les nouveaux cas se font moins nombreux, les écoles vont bientôt rouvrir, nous pourrons peut-être bientôt aller travailler sans devoir tenter d'échapper continuellement à la surveillance des "centaures" qui protègent (quoi?) l'hôpital, les malades, le personnel?
24.11.2009
1ère mission, 1ères impressions
Ce n’est pas que le froid qui coupe le souffle au sortir de l’avion mais également le contraste saisissant entre ce que nous vivons en Suisse et le quotidien Mongole.
Embarqués dans la folle circulation d’Ulan Bator à peine arrivés (et après avoir vainement attendu la valise de Marco), je peux très vite observer un certain décalage entre nos deux civilisations et cultures.
Effervescence du trafic (sans le moindre code de la route semble-t-il), tenues ancestrales portées par certaines personnes, état des constructions et des routes, bâtiments datant de l’ère soviétique côtoyant des yourtes et des buildings hyper modernes, etc.
Ce qui frappe bien vite ici, c’est le manque de moyens (ressenti très fort au sein de l’hôpital), mais aussi la joie de vivre et la chaleur humaine.
Nous avons, en effet, été très bien accueilli par une équipe qui connaît déjà la moitié de la nôtre (Marco) et qui visiblement n’apprécie pas que le chocolat que nous leur avons apporté mais aussi ce que nous pouvons échanger avec eux.
Après le 4ème jour de travail dans le service de soins intensifs, j’ai déjà l’impression de m’être intégrée. J’ai toutefois, encore beaucoup de peine à identifier les gens avec qui je travaille. Les visages sont cachés sous un bonnet (de forme parfois très étrange) et un masque … et tous les yeux sont bridés. Chaque membre du personnel porte son propre vêtement de travail, qui peut aller de la tenue style début du siècle jusqu’à l’ensemble dernier cri de bloc opératoire. Les noms inscrits sur les badges le sont en écriture cyrillique, donc incompréhensibles mêmes prononcés patiemment et lentement. De plus tout le monde s’active et semble se partager les mêmes tâches. Donc, qui est qui ? Qui fait quoi ? Qui est infirmière ? Médecin ? Y a-t-il des aides-soignantes ?
Je m’accroche à quelques repères visuels comme des lunettes, boucles d’oreilles et autres accessoires qui différencient les uns des autres. Et je me dis que celle qui tient le balai ne doit pas être médecin et que celui qui participe à la visite médicale n’est pas aide soignant même s'il est tout à fait possible que tous se retrouvent à transporter un patient du fauteuil au lit, ou à faire un nursing, par exemple.
J’ai heureusement quelques références : Il y a Marco, mon guide, qui a une coiffure reconnaissable entre mille et qui, lui, a une tenue et un prénom bien de chez nous. Il y a Tsetzgé (jolie petite fleur, dit-elle) qui est déjà venue à Genève en 2004 et qui tient le rôle d’infirmière clinicienne et de shérif du service. Elle est mon coach et surtout ma traductrice puisqu’elle parle très bien le français. Elle s’est aussi chargée de me fournir du « très bonne café », ce qui est relativement difficile à trouver ici. Et puis il y a Sarah, Ottro (les prénoms suivants seront écrits comme ils se prononcent, veuillez m’en excuser…), Little Doggy, Bodro, Chouré, Nara, médecins et infirmières qui sont déjà venus en Suisse dans le cadre de cette mission.
Le premier jour, j’ai été reçue par l’infirmière chef « Big Doggy » qui m’a fait un peu peur en m’annonçant tout ce que l’on attend de moi ici : Observation du fonctionnement du service ainsi que du travail des infirmières, suivie d’un bilan en bonne et due forme, encadrement et enseignement au lit du patient, petit cours chaque matin au personnel infirmier ayant travaillé de nuit (service de 16h !!! seront-elles encore bien vigilantes ?), exposé à présenter à toutes les infirmières de l’hôpital (environ 200 personnes) puis, la même chose (mais pas le même sujet) à toutes celles du service des soins intensifs, remise à jour de certains protocoles, révision de la pharmacie (les noms des médicaments sont écrits en cyrillique !) et du chariot d’urgence, etc.
Mais pour l’heure, la première semaine touche à sa fin, j’ai terminé ma période d’observation et avant de penser au travail qui nous attend les prochaines semaines, nous allons nous octroyer un week-end touristique agrémenté d’invitations pour un repas local chez Chouré puis chez Bodro.
23.11.2009
Un coup de fatigue à UB
La Mongolie suit le courant de l'année 2009. L'événement cette année fait couler le nez, donne mal partout et de la fièvre et parfois peut également tuer, son petit nom c'est H1N1. Non ce n'est pas le nom d'un petit robot issu de la guerre des étoiles mais bien celui de la grippe porcine pandémique. Comme partout ailleurs, les affiches pour la prévention sont légion, et tels des Zorro, le personnel de l'aéroport est masqué en permanence. L'état Mongol a pris quelques mesures en vue d'endiguer l'épidémie. En effet, toutes les écoles sont fermées jusqu'à la semaine prochaine, et les restaurants ont l'obligation de fermer leurs portes à 21 heures (pourquoi?).
Cependant, la Mongolie a fait mieux qu'en parler, il l'on eut et ça continue! Ces dernières semaines, l'épidémie a frappé le pays de plein fouet. Les cas graves n'ont pas manqué. Peu nombreux, il est vrai mais pour un pays de 3 millions d'habitant c'est déjà beaucoup surtout lorsque l'on sait que les seuls "vrais" 12 lits de soins intensifs sont dans cette unité, on peut comprendre l'état de fatigue ambiant. En effet, ces dernières semaines, ils ont été confrontés à un peu moins d'une dizaine de patients se présentant avec une défaillance respiratoire très sévère (ARDS pour les intimes). Comme cela a été le cas ailleurs dans le monde, ces patients étaient jeunes, et la moitié était des femmes enceintes. 8 en sont morts dans le service sur 16 pour toute la Mongolie. A l'heure actuelle, le seul survivant est sur le point de sortir du service après bientôt 20 jours d'assistance respiratoire!
La fameuse première vague a été terrible! Le manque de moyen habituel semble avoir été encore plus difficile à accepter en particulier face à ces jeunes femmes. De plus, le Tamiflu, il y en a mais c'est pour les patients, pas de prophylaxie, ni de vaccin. Le personnel est donc très fortement exposé, sachant le manque de matériel habituel, nous ne sommes pas sûr qu'il y aura suffisamment de masque et autre moyen de protection durant toute la période de l'épidémie. Le risque d'avoir une infection sévère est bas mais tout de même, on ne peut s'empêcher de penser qu'ils risquent quand même leur peau sans vraiment s'en soucier, peuvent-il faire autrement, non!
18.11.2009
Arrivés en Mongolie
Nous voilà arrivé en Mongolie pour cette nouvelle mission d'automne. Nous, c'est Christa qui vient pour la première fois et Marco pour la deuxième. Partis dimanche matin (15.11.2009) de Genève aux aurores, décollage à 7h. Arrivée à Amsterdam pour un sprint programmé. En effet, nous avons juste le temps de passer la douane (on sort de la zone Schengen) et d'accéder à un autre terminal. Nous sommes presques les derniers lors de l'embarquement, ouf! Prochaine étape, c'est Moscou. Drôle d'impression d'arriver dans l'ex-capitale soviétique 20 ans après la chute du mur de Berlin, en particulier lorsque le personnel aux sols ressemble soit à des caricatures sorties directement de la série Derrick, soit à des anciens membres de l'armée rouge ou du KGB. Après une attente conséquente (5 heures plus 1 heure de bonus de retard), on peut enfin embarquer pour Oulan Bator. 6 bonnes heures de vol plus tard, nous voilà arrivé en Mongolie. Il est 8 heure du matin pour eux mais 1 heure pour nous qui sommes encore à l'heure Suisse, on a les yeux qui piquent!
L'aventure commence au mieux puisque l'un des bagages n'est pas arrivé. Probablement resté en Russie, du moins on l'espère, cela voudrait dire qu'il n'est pas définitivement perdu. Mauvaise nouvelle, le prochain vol arrivant de Moscou est seulement mercredi. Mais parce qu'il y a toujours un "mais", ce n'est pas la même compagnie donc peut-être qu'il faudra attendre jusqu'à lundi prochain, argh!
Après les formalités d'usage dans cette situation: "Ma valise elle est de cette forme, de cette couleur, toute option, air conditionné, lecteur CD, jantes en alu, etc.", on est content de rencontrer notre guide et chauffeur local, le Dr Gambat fidèle au rendez-vous comme à chaque mission. Petit détail, il fait -28°C lorsque l'on sort de l'aéroport, à nouveau ça pique mais pas les yeux cette fois!
Après notre arrivée à l'hôtel, on avale rapidement un café avant d'enchaîner avec une petite ballade en ville pour acheter le nécessaire de survie sans valise, on espère seulement pour 2 jours. Dans l'après-midi, nous nous rendons dans le service pour la première prise de contact. Rien n'a changé, cependant, ce qui est frappant, c'est une impression de fatigue générale parmis les membres de l'équipe. Ceci est compréhensible car les dernières semaines ont été difficiles, nous en reparlerons dans un prochain numéro…
26.09.2009
La tournée des popotes
Durant trois jours nous avons rencontré les directeur généraux de six des huit hôpitaux principaux d’UB. Nous connaissions déjà la plupart d’entre eux et ce sont donc des retrouvailles. A chacun nous avons demandé leur appréciation concernant l’école d’infirmière avant de passer au problème des étudiants en médecine. Les avis concernant les infirmières sont positifs car cela permet par exemple de choisir les futures infirmières qui pourraient travailler dans leur établissement, mais également cela permet aux cadres infirmiers hospitaliers d’enseigner à l’école. Du point de vue des compétences nous leur expliquons que l’amélioration prendra du temps et que nous ne sommes qu’au début du processus de réorganisation.
Sur la question des étudiants en médecine nous comprenons très vite qu’il y a un problème important et qu’il a de multiples facettes. De plus les avis sont très différents d’un directeur à l’autre. Certains acceptant très naturellement les étudiants alors que les autres mettent en avant la mission primaire de l’hôpital soit la délivrance de soins aux patients. Pour certains c’est du donnant-donnant si les étudiants viennent dans un hôpital et qu’ils utilisent des locaux l’université doit payer les charges inhérentes à cette occupation alors que d’autres directeurs n’en font pas mention. De plus il leurs semble bizarre que les enseignants de la faculté de médecine ne soient pas des patriciens hospitaliers avec des contacts avec les patients. Enfin pour certain, l’hôpital N°1 a le titre d’hôpital universitaire donc soit il assume la charge d’enseignement estudiantine soit ce titre et également attribué aux autres.
Il y a donc différents niveaux d’écueils à franchir. La question financière bien que réelle fait partie du tout. En effet si les enseignants étaient membres des départements médicaux hospitaliers alors ce problème n’existerait pas. Nous n’arrivons toujours pas à comprendre le pourquoi de cette séparation des responsabilités qui n’existe pas en Suisse. En effet nous sommes membres de la faculté et également de l’hôpital. La question de la mission primaire des hôpitaux elle est plus pernicieuse car dans ce cas on oublie que les étudiants sont les médecins de demain. La question de l’attribution du titre d’hôpital universitaire serait très simple à résoudre à notre avis. En effet l’hôpital N°1 ne dispose que des services de chirurgie viscérale, de médecine interne, de neurologie, d’ORL, de radiologie, d’anesthésiologie et des soins intensifs. Par contre rien en ce qui concerne par exemple mères-enfants, traumatologie, cardiologie. Il faudrait simplement dire que l’hôpital universitaire est multi-sites….
Entre les différents interlocuteurs je comprends très vite qu’il y a une lutte de pouvoir très intense avec des implications financières non-négligeables. Pour passer outre cela sera difficile.
Nous verrons bientôt comment nous avons un petit espoir d’y arriver
25.09.2009
La vie de tous les jours
- La pollution ne s’améliore pas ici. 365 j par année les usines produisant de l'électricité et qui fonctionnent au charbon laissent échapper leur panache de fumées dans le ciel d’UB. Il y aurait de la place pour des éoliennes ici compte tenu des vents locaux. Un soir passant le long d’un des affluents du Tuul la rivière d’UB nous avons été frappés d’une part par la présence d’eau alors qu’habituellement le lit de la rivière est sec et par le nombre incalculable de sacs plastiques qui sont charriés par les eaux. La circulation est toujours aussi chaotique avec des embouteillages en chaine. Gambat nous explique que c’est lié au fait que les Mongols ne respectent pas le code de la circulation car chacun pense qu’il est le plus fort et le meilleur. Il faut vraiment être courageux pour traverser une avenue. Par contre l’état des routes principales d’UB s’est amélioré. La construction ici continue jour et nuit. Cela fait deux nuits que les ponts et chaussées enlèvent l’asphalte avec une pelle mécanique (ils n’ont manifestement pas des « rabots » à asphalte des routes). Hier, nous avons même trouvé un bout de route asphalté qui débouche nulle part. En effet les propriétaires refusent que la route passe sur leurs parcelles (dans d’autre pays on appelle ceci opposition et le projet ne démarre pas..). L’hôtel dans lequel nous logeons date de moins de 8 ans pourtant tout tombe en ruine. La construction est certes rapide mais de qualité médiocre. En plus les finissions sont approximatives.
- En route vers UB depuis l’aéroport nous avons aperçu le nouveau stade dédié au sport Sumo. Pour ceci, il y a de l’argent. Un autre changement nous a frappé: c’est la croissance rapide des constructions de petites maisons qui remplacent les yourtes à la périphérie de la ville. Gambat nous a dit que l’exode vers la grande ville continue et cela dépeuple a campagne.
- Pour celles et ceux qui ont suivis le blog nous donnons le second épisode de "le fameux syndrome du mardi (chamane’s day)" ainsi que du « en fonction de la tenue on rentre ou pas au parlement ». Pour mémoire la mardi en lien avec la religion rien de majeur n’est entrepris ce jour là. On nous assure que c’est fini. Pourtant quand nous demandons s’il y a des opérations électives on nous donne une réponse évasive et quand nous demandons à nos interlocuteurs s’ils accepteraient d’être opéré le mardi tous répondent que non.. Chaman’s day à encore des beaux jours devant lui. Pour ce qui est du parlement la dernière fois nous avions été refoulés car notre cher ami Gambat, médecin qui a ses entrées partout ou mieux défini qui connait la moitiés des Mongols et dont l’autre moitié le connait, ne portait pas un costumes et des chaussures adéquates. Cette fois fort de notre échec cuisant nous sommes parti « bien habillés ».
Et bien c’est nous qui avons été refoulé. D’abord Françoise en jeans et baskets donc sans tenue de « femme » et moi car mon pantalon de velours et mes chaussures montantes ne cadrent pas avec la tenue de jeune marié qui est exigée. Le parlementaire de nos amis nous a reçus dans l’antichambre du parlement où de tels accoutrements sont tolérés….
Et malgré tout ça les mongols garde le sourire.
24.09.2009
Mardi à UB
La veille nous l’avions consacrée à la faculté de médecine. Ce jour c’est au tour de l’école d’infirmière et du ministère de la santé.
Au ministère nous avions demandé à nos amis d’organiser un rendez-vous avec le secrétaire général du département (nous l’avons choisi dans l’espoir qu’il ne soit pas trop affecté par la valse des ministres…) Il nous a reçu et après avoir écouté notre résumé du projet ainsi que nos propositions il nous a remercié puis nous a expliqué que cela le concernait certes mais moins que son collègue du département de l’éducation dont dépendent les deux écoles… Mais il est clair qu’il nous apporte tout son soutien car la mauvaise formation clinique des médecins et quelque chose qui le préoccupe ainsi que le ministre. Nous allons retrouver ce paradoxe tout au long des négociations. C’est donc avec un sentiment mitigé que nous quittons le ministère pour être conduit par le Dr Gambat qui est notre chauffeur attitré à l’école d’infirmière publique en premier puis à l’école privée ensuite.
Nous rencontrons à la première le nouveau doyen qui a remplacé celui que nous connaissions bien héro du communisme. Sans grand étonnement nous avons cependant vu arrivé le doyen flanqué de son prédécesseur. Ainsi vont les choses ici le nouveau n’a jamais les coudées franches pendant un certain nombre d’années. Re palabre avant qu’il exprime ses craintes et ses envies face au futur développement du projet de rénovation des études d’infirmière. Il ressort surtout qu’il souhaiterait que ce soit l’école qui pilote le projet en non un groupe de travail. Nous avons essayé de le convaincre que cela serait le meilleur moyen pour faire capoter les choses car les hôpitaux refuseraient une telle main mise. Espérons que nous l’avons convaincu. Par la suite il nous a invités aux cérémonies marquant le 80e anniversaire de la fondation de l’école. Il en a profité pour nous montrer le matériel de simulation pour l’enseignement qu’il vient d’acquérir pour l’école. Nous ne savons pas ou ils ont trouvé les moyens financiers mais Françoise était presque jalouse de voir cet étalage de matériel assez coûteux. Je suis persuadé que la faculté de médecine n’est et de loin pas aussi bien équipée. Quand j’ai suggéré de l’utiliser pour d’autres acteurs de la santé j’ai immédiatement ressenti son manque d’intérêt pour le partage.
A l’école privée autre son de cloche. On voit que le manager de l’école qui est l’époux d’une des anciennes ministres de la santé a bien compris les enjeux de la facilitation de l’accueil des étudiantes infirmières dans les hôpitaux et il est enchanté que la collaboration avec ses derniers se soit bien améliorée. Il nous assure qu’il continuera de nous soutenir.
Par la suite retour dans le service des soins intensifs car nous donnons un cours aux internes sur place. Le soir repas avec les anciens stagiaires Mongols de Genève. Soirée très sympathique avec un ilot francophone en Mongolie.
Demain début des entretiens avec les directeurs des hôpitaux…
22.09.2009
négociation à la faculté de médecine
Lundi après midi alors que nos amis n’avaient rien prévu afin de nous ménager, nous avons obtenu de rencontrer le doyen de la faculté de médecine. Il s’agit d’un nouveau doyen qui a été élu il y a moins d’une année. Il connait vaguement le projet mais n’y a pas vraiment porté attention. Nous lui avons détaillé les différentes phases déjà accomplies ainsi que le projet de réforme des études de médecine. En résumé nous nous proposons de procéder comme pour l’école d’infirmière, soit de travailler sur la formation clinique des étudiants qui est actuellement défaillante. Après l’exposé il nous remercie chaleureusement pour tout ce que nous faisons et ensuite enchaine par un …MAIS… Pour lui tout allait bien avant l’ère moderne (soit avant le changement de régime économique) car la faculté de médecine était partie intégrante du département de la santé. Alors que depuis lors la faculté de médecine à été incorporée dans le département de l’éducation. Il montre un enthousiasme extrêmement modéré pour notre projet et nous affirme qu’il en parlera avec ses collègues (en clair merci mais nous n’avons pas besoin de vous). En quittant son bureau nous sommes passés chez le président des facultés des sciences dont fait partie la fac med afin de dire bonjour et tenter de le rencontrer. Un rendez-vous nous a été donné pour le début de l’après-midi ceci bien qu’il soit très occupé selon sa secrétaire. De retour après un bref repas nous l’avons vu. Le président connait très bien le projet mais jusqu’à ce jour nous n’avions pas réussi de le motiver pour s’engager. Pourquoi ce jour est-il plus réceptif ? Nous ne le saurons jamais. Toujours est-il qu’en quelques minutes il assemble le doyen que nous avions rencontré le matin, ainsi que le doyen précédent (qui nous avait également signifié sont désintérêt pour le projet entre autre parce qu’il n’impplique pas de transfert d’argent en Mongolie…) devenu responsable de la partie clinique des études de médecine ainsi qu’un responsable de l’éducation à la Faculté. Le président leur explique l’intérêt marqué pour notre idée et demande à ses adjoints de discuter plus à fond des modalités et détails. Il nous amène ensuite dans une salle proche de son bureau et nous laisse en discussion. Assez rapidement nous constatons deux choses. D’une part que le doyen n’est pas l’homme fort du groupe mais que le doyen précédent l’est et que ces messieurs attendent de nous un projet « ficelé » qui non seulement identifie les problèmes mais propose des solutions. Il refuse de se lancer dans un tel projet car le risque est important que les autres participants disent que la faculté de médecine ne forme pas bien ses étudiants. Ce message je le connais pour l’avoir déjà entendu il y a deux ans. En effet alors que j’émettais des doutes sur l’acquisition des compétences requises pour être un médecin il m’avait alors répondu que les médecins en Mongolie étaient (sont) bien formés. Il nous transmet la même information que le problème est lié au fait que la faculté de médecine ne dépend pas du même département etc (air connu). Il nous propose d’organiser un équivalent des états généraux regroupant en une séance de travail tous les intervenants concernés avec une liste des présentations et des orateurs nécessaires il manquait dans sa demande le lieu et la couleur des fleurs que nous choisirions…. Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde manifestement. Pour que personne ne perde la face nous avons encore discuté un moment mais sans aboutir. C’est avec une certaine déception que nous sommes parti de là. En effet l’enthousiasme (fin ou pas ?) du président et l’absence d’entrain de ses collaborateurs contrastent et cela ne nous enchante guère. C’est d’autant plus rageant que durant les presque dix années passées nous avons été les témoins de l’absence d’amélioration de la formation médicale pré graduée pour ne pas parler de la post graduée. De retour dans le service pour la contre-visite du soir avec une nuée de médecins....
Nous avons aussi croisé la Dr. Naraa qui était venue en stage à Genève en 2007-08. Elle était en train de préparer une présentation. Assez rapidement nous avons compris qu’elle devait se défendre lors du colloque hospitalier du mercredi qui regroupe tous les médecins de l’hôpital car le diagnostique pré-mortem marqué dans le dossier d’un patient ne correspondait à celui posé par les pathologistes lors de l’autopsie. La bonne ambiance que nous connaissions, héritée du temps du communisme, perdure… Nous l’avons aidée à étayer son opinion qui semble tout à fait cohérent. Nous essayerons d’y participer.
Demain nous verrons d'autres acteurs du projets
21.09.2009
UB une semaine de négociation
Voila nous sommes arrivés à Ulan Bator. Nous, Françoise infirmière cadre HE Santé de Genève et Jacques-André médecin aux SI des HUG. Le voyage fut aussi simple que de prendre le tram pour allez à la Place Neuve…
En résumé une petite peur, de courte durée, à l'arrivée à Amsterdam car le brouillard épais empêchait l’atterrissage mais comme l'avion avait de l'avance pas de problèmes nous sommes arrivés à l’heure. Par contre dès le débarquement pas de course dans l’aéroport de Schiphol. Nous sommes pourtant arrivés au même endroit que le départ pour Moscou. Pour y arriver finalement nous avons « visité » une bonne partie de l'aéroport...
Seconde étape Moscou. Là aussi nous sommes arrivés à l’heure. Du point de vue de l’accueil les russes se sont fortement améliorés pour la prise en charge. En effet, pour les passagers ne pouvant pas effectuer l’enregistrement de Moscou à Ulan Bator un monsieur attendait, portant les destinations qui avaient un cheminement particulier à effectuer pour obtenir la carte d’embarquement. Jusqu’à récemment il fallait trouver la solution tout seul voire affronter les gardes de l’aéroport et autres militaires aux regards fort peu encourageant.
Attente longue de cinq heures avant d’entamer le dernier segment pour UB. Le vol s’est aussi déroulé sans problème avec un atterrissage à 05h30 heure locale soit 23h30 à Genève. Françoise a récupéré ses bagages et nous avons quitté l’aéroport et avons retrouvé Otgon et little Otgon deux des médecins ayant travaillé à Genève pour l’une et s’apprêtant à nous rejoindre le premier octobre pour la seconde. Il fait assez froid (-2-3) mais parait-il moins qu'hier (-10) et la semaine dernière il a neigé. Depuis l’avion nous avons observé les premières plaques de neige en plaine et chose curieuse pour moi les rivières sont pleines d’eau. Il fait beau temps et UB ressemble à UB. Après une douche nous sommes partis rejoindre le service des soins intensifs de l’hôpital N° 1 d’UB. Et l’accueil est aussi sympathique et enthousiaste que les fois précédentes.
Le but de ce séjour en Mongolie est de stimuler la dynamique de changement qui a été instaurée dans le cadre de la rénovation de la formation des étudiantes infirmières. Les rendez-vous organisés par nos amis pour cette semaine de travail se succèderont à un bon rythme. Deux autres buts sont à l’ordre du jour. Le premier de tenter de vaincre les réticences à la rénovation des études de médecine et le second de préparer la fin des missions itératives aux Soins Intensifs de l’hôpital N°1.
Nous « blogerons » cette semaine sur ces sujets. Et maintenant allons essayer de lutter contre le décalage horaire.
07.07.2009
Fin de stage... pour nos étudiants
A l'origine nous devions faire la totalité de notre stage au Maternal Child Hospital, mais on nous a annoncé à la fin de la 4ème semaine que le 1er juillet nous serions transférées à l'hôpital n°3. Ainsi, pour « fêter » la fin de notre stage, Puderva, la directrice des soins infirmiers, nous a demandé de faire une présentation aux IRU (infirmières responsables d'unité), présentant les points positifs et négatifs de l'hôpital. C'est donc un peu stressées que nous nous sommes présentées le mardi 30 juin à l'auditoire afin de parler hygiène et Antibiotiques oraux à environ 30 responsables... Mais tout s'est bien passé, et on a même eu droit à une yourte modèle réduit en cadeau! Malheureusement le même jour nous avons également été témoins du décès d'un nourrisson de 5 mois, victime d'un arrêt cardio-respiratoire. L'équipe soignante a tenté en vain de le réanimer, et s'est vu après quelques temps obligé d'annoncer la mort du petit à la mère, présente lors de tout le déroulement. Ce fut une expérience difficile, en ce qui me concerne c'était la première fois que j'assistais à la mort de quelqu'un.
Le lendemain, nous voilà parties pour l'hôpital n°3 où nous fûmes accueillies par Khulan, directrice non seulement des soins infirmiers de l'hôpital, mais également responsable de l'école d'infirmières, située à côté de l'hôpital. Khulan semblait croire que la demande de transfert d'hôpital venait de notre part, et que nous allions rester encore un mois entier à UB. Lorsque nous lui avons annoncé que non seulement on ne savait pas pourquoi on était là, mais qu'en plus ce n'était que pour quelques jours, elle sembla très surprise! Apparemment, notre responsable de projet (que nous n'avons jamais rencontré, une dénommée Arungole) lui aurait donné de fausses informations... Mais finalement tout s'arrangea (heureusement, elle parle très bien l'anglais), et un programme fut élaboré pour les quelques jours que nous allions passer chez elle. Lors de notre parcours à travers l'hôpital n°3, nous avons pu assister à un cours de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) donné par un médecin urgentiste français. Ca nous à fait beaucoup de bien d'entendre un peu de français après cinq semaines de Mongol/Anglais... En plus ça nous à permis de réviser la RCP, ce qui est toujours la bienvenue! L'hôpital n°3 nous paraît très propre et bien organisé, les règles d'asepsie semblent être bien respectées. Cela dit, après plus d'un mois passé dans des hôpitaux mongols, on semble s'être adaptées à certaines choses, en effet, une infirmière française qui découvrait un lieux de soins mongol pour la première fois fut malgré tout un peu surprise de la « rusticité » des locaux...
La fin du stage est maintenant très proche, et nous nous réjouissons des vacances! Mais nous garderons un très bon souvenir de nos 6 semaines passés à UB, ou nous avons vécu des expériences inoubliables et rencontrés des personnes admirables! Heather
06.07.2009
la vie pratique en foyer estudiantin à UB
Les joies et les aléas de la vie à UB
Après nos péripéties professionnelles, parlons un peu de notre vie dans le foyer des étudiants où nous vivons avec 4 élèves de médecine et une centaine d'étudiants mongols.
Au premier abord, nous fûmes ravies de découvrir des chambres qui dépassaient nos espérances. En effet, il y a des lits avec matelas, draps, oreillers, une douche et WC privé. Jusqu'à la tout va bien. Mais au fil du temps, les choses se dégradent (à la mongol... me direz-vous), le pommeau de douche se fait la malle, la lumière de la douche devient obscurité. Chaque ressort du matelas est perceptible au niveau des lombaires. Pas de prise internet dans notre chambre (Emmanuelle et Heather), on squatte celui des filles dans les autres chambres.... Le papier toilette se jette à la poubelle et non dans les toilettes après utilisation sinon cela pourrait boucher les canalisations. Depuis maintenant 2 semaines nous prenons des douches froides voire glaciales, car la chaudière ne fonctionne plus, mais cela étant dit cela réveille, c'est bon pour la circulation, par contre cela brûle le cuir chevelu.
Nous avons aussi bénéficié d'une cuisine, mais les plaques chauffantes ne marchent pas, et les instructions sont écrites en chinois. .Donc nous trouvons des moyens pour faire cuire des œufs par exemple avec une bouilloire. Pour finir, dans une chambre en particulier, le cadre de la porte est plus petit, que la porte en elle-même, et cela fait un raffut pas possible pour la fermer.
Malgré tous ces problèmes, qui font bien rigoler certaines fois, nous avons aussi fait la connaissance d'étudiants mongols fort sympathiques, qui il faut le dire vivent dans des conditions beaucoup plus rudes que nous. Grâce à eux, nous avons pu visiter des musées (national museum), aller dans des karaokés, en discothèques, et aller au black market (plus grand marché d'Asie, à cause de la route de la soie), ainsi que des restaurants mongols mais aussi indiens, coréens….
C'est avec toutes ces formidables expériences, que nous avons pu passer un séjour agréable, avec de nombreux fou-rires, et avons goûté aux saveurs locales.
Maintenant, la fin du séjour est proche, les élèves de médecine partent dans quelques jours pour la Russie en transsibérien, rejoindre Moscou et ensuite prendre un avion de la-bas pour arriver à Genève. Heather, s'en va visiter la campagne mongole, à partir du 13 juillet jusqu'au 22 juillet, pour revenir la tête pleine de rêve le 23 juillet à Genève.
Quant à moi, je pars le 11 juillet au soir (jour du Nadam - fête nationale), pour la Corée du Sud (Séoul) visiter 5 jours ce pays....

02.07.2009
Suite de la découverte de la médecine traditionnelle
Nous quittons alors l’école pour nous rendre à l’hôpital de médecine traditionnelle.
Sur place, nous assistons à un cours pendant quelques minutes, durant lesquelles les étudiants et le prof nous dévisagent avec un sourire amusé.
Nous revêtons ensuite nos uniformes et passons de salles en salles. L’une correspond à la salle de soins, contient plusieurs lits séparés de rideaux et, semble-t-il, elle est destinée aux saignées. Une autre est utilisée pour les bains et les saunas. Une troisième est organisée pour les exercices de remise en forme, la méditation et la pratique du yoga.
Quant aux chambres, elles sont similaires à celles des autres hôpitaux. Dans l’une d’elle nous avons pu observer un traitement ayant pour but d’éliminer « le vieux mal des femmes ». Celui-ci consiste à inhaler les vapeurs émergeant d’une tête de mouton reposant dans l’estomac du mouton. Après quoi la patiente doit boire le bouillon contenu dans l’estomac de la bête… appétissant…

Vers 13h, nous sommes de retour à l’hôpital pédiatrique et nous reprenons le cours d’une journée plus habituelle, en déjeunant une pizza avec l’équipe du service d’urologie. Vient ensuite l’heure de la visite des patients avec prises des tensions, fréquences respiratoires etc.
Enfin, juste avant de terminer la journée, nous avons eu l’occasion d’assister à un nettoyage, puis changement d’une sonde sus-pubienne. Je reste toutefois interloquée sur les mesures d’hygiène employées…
L’infirmière utilise des gants stériles pour nettoyer la sonde, permettant l’évacuation de l’urine dans un haricot, qui se répand également un peu partout sur le lit (et qui ne sera pas nettoyé avant la fin de l’intervention). Le haricot est simplement rincé à l’eau et laissé dans l’évier. Le médecin arrive pour changer la sonde, il utilise des gants non stériles et est secondé de la même infirmière qui, elle, a conservé les mêmes gants, souillés par l’urine et avec lesquels elle va désinfecter la région sus-pubienne. A noter également que le haricot présent dans l’évier est réutilisé pour ce geste. Pendant toute la séquence, la porte de la salle est laissée entrouverte, de sorte que le père de l’enfant (je suppose?...) peut jeter un coup d’œil de temps en temps.
Je garde cependant l’impression que l’infirmière tout comme le médecin ont fait exactement ce qu’ils devaient faire. Je pense qu’ils ont appris à faire ce geste de cette façon là, et que simplement ils n’ont pas appris à le réaliser avec les mêmes mesures d’hygiène que celles pratiquées chez nous.
01.07.2009
Journée avec les infirmières et découverte de la médecine traditionnelle
Le 22 juin, je suis partie en immersion avec Heather et Emmanuelle afin de les suivre pendant une journée « type » soins infirmiers.
La journée débute tranquillement, à 9h nous sommes affiliées au service d’urologie pédiatrique et nous avons de la chance car l’infirmière que nous suivons parle plus ou moins l’anglais.
Pendant le début de la matinée nous nous occupons des entrées et des dossiers des petits patients. Le service est calme, une fois passée l’étape d’aller chercher les enfants à l’accueil… Le couloir d’accueil ressemble plutôt à un rayon de magasin pendant les soldes, tant il y a de personnes rassemblées au même endroit et qui attendent (parfois très longtemps) d’être prises en charge dans un brouhaha et des allez venues incessants…
Vers 11h, nous partons avec une étudiante infirmière pour visiter l’école de médecine traditionnelle. Celle-ci ressemble à un temple bouddhiste, avec à l’entrée une grande salle de prière colorée où des moines récitent les sutras, pendant que des gens se recueillent. Après quelques minutes d’attente nous sommes accueillies par un médecin-moine en costume, qui s’avère probablement être le directeur de l’école. Il fait venir un interprète qui va nous servir de guide pendant la visite.

La première salle est remplie de tonneaux, dans lesquels on trouve des pierres, des coraux, des herbes ou des animaux séchés (serpents, crabes…).
La deuxième salle sert de lieu de broyage et pilage afin de réduire les produits bruts en poudre. Dans la troisième salle nous rencontrons deux femmes qui dosent (à l’œil) la poudre et remplissent des petits sachets.

Enfin, sur le côté de la grande salle de prière, nous découvrons un comptoir, se révélant être la pharmacie ou les gens viennent récupérer le mélange de médicaments dont ils ont besoin.
Finalement, en plus d‘être une école, ce lieu contient des cabinets pour les consultations, une salle de prière et des annexes pour la fabrication des médicaments de A à Z…
26.06.2009
Exemple d’une journée type : un lundi en salle d’accouchement.
Le lundi 8 juin, nous sommes allées comme tous les jours à 9 heures au bureau 110, afin que l’infirmière responsable du département de gynécologie obstétrique nous amène à la bonne unité. Aujourd’hui, bonne surprise, nous sommes à la salle d’accouchement ! Ce sera notre première expérience avec des nouveaux nés !
Nous sommes prises en charge par deux sages femmes, qui nous présentent un peu l’unité. A peine arrivées, une charlotte sur la tête et un masque sur le visage nous sommes expédiées au bloc opératoire pour assister à une césarienne. Un anesthésiste est entrain d’induire une anesthésie spinale à une dame d’une 30aine d’années qui présente une pré éclampsie, alors que les chirurgiennes, sages femmes et infirmières instrumentistes se préparent pour la procédure. L’anesthésie locale ayant eu effet, l’équipe se met au travail, et l’opération se passe sans complications pour aboutir à la naissance d’une petite fille de 3,4kg, en bonne santé. Sitôt né, le nourrisson est examiné sous une lampe chauffante par une pédiatre et une sage femme. Elles vérifient les réflexes, les orifices, le bon fonctionnement du cœur et des voies aériennes de l’enfant. Une fois la bonne santé du nouveau né assurée, la petite est présentée à sa mère, encore sur la table d’opération. Après un bisou rapide, la sage femme enveloppe le nourrisson dans plusieurs draps, ce qui semble grandement rassurer le poupon qui arrête rapidement de pleurer. Le bébé est ensuite amené dans une autre salle pour la suite des soins.
Emues par cette naissance, nous avons ensuite suivi les sages-femmes dans la tournée des chambres, et avons pu rencontrer les autres patientes. En chemin nous avons fait la connaissance du Dr Drake, originaire de St Gall et en mission à UB avec la Suisse Surgical Team (SST), qui essayait d’expliquer à des médecins mongols qu’il était inutile de poursuivre automatiquement un traitement d’antibiotiques post-césarienne si la patiente ne présentait pas de signes d’infection, que ça pourrait créer des résistances.
La journée s’est ensuite poursuivie dans le calme, et nous avons eu le temps de remarquer quelques points qui nous ont étonnés, comme le fait que les pères ne sont pas admis dans l’unité, même lors d’accouchement par voie basse, ou que la douleur semble être beaucoup moins prise en compte qu’en Suisse, l’analgésie semble inexistante… Les conditions sont parfois dures, 2 femmes partagent parfois le même lit en attendant que l’ocytocine fasse effet. Cette drogue semble très prisée le lundi, en effet, les médecins et les futures mères préfèrent provoquer l’accouchement plutôt que de donner naissance un mardi, jour du Shaman et du repos.
De ce fait, vers 15h, de nombreuses femmes commencent à mettre au monde leur enfant. Elles restent en chambre ou marchent dans le couloir jusqu’au dernier moment, et sont amenées un peu « à la chaîne » à la salle d’accouchement, où 3 chaises se trouvent alignées. Il n’y à pas de rideaux entre les mères en devenir, et les pères ne sont toujours pas admis, cependant, le natel semble remplacer le proche, et sitôt l’accouchement fini, la maman appel son mari pour le rassurer.
L’hygiène de la salle d’accouchement nous a paru un peu limitée, en effet, la chaise d’accouchement est juste essuyée d’un rapide coup de chiffon entre chaque patiente, nous n’avons pas remarqué de désinfectant… Mais les soignants semblent quand même tous porter des gants, et se désinfectent les mains entre chaque naissance.
Après avoir assisté a 3 accouchements par voie basse, il est temps pour nous de rentrer à la résidence que nous partageons avec les quatre étudiantes en médecine et une centaine d’étudiants mongols. C’est donc la tête remplie de poupons que nous entamons nos 40 minutes de marche quotidienne qui séparent l’hôpital du dortoir, pressées de revoir nos colocataires pour échanger nos expériences de la journée autour d’un fabuleux milk-shake au lait mongol.

Emmanuelle & Heather, étudiantes infirmières, 2ème Bachelor, HEdS
25.06.2009
le point de vue des étudiantes infirmières
En effet deux étudiantes de l'HE Santé de Genève, Emmanuelle et Heather, sont également en stage à UB. Elles nous rapportent quelques instants de leur expérience en Mongolie. Nous leur cédons la parole
Nous voilà maintenant dans notre quatrième semaine de stage dans le Maternal Child Hospital à UB. Ce complexe énorme est le centre pédiatrique de toute la Mongolie, et est divisé en trois parties principales ; le bâtiment de Gynécologie & Obstétrique, le bâtiment de chirurgie et le bâtiment de pédiatrie générale qui regroupe les unités de médecine.
Pour notre stage de 6 semaines, nous avons la chance de passer 2 semaines dans chaque bâtiment, ce qui nous permet de voir le monde de la pédiatrie de la femme enceinte à l’adolescent, en passant par le post-partum, la néonatologie, le bloc opératoire, la salle de réveil et les soins intensifs, pour ne citer que quelques unités dans les quels nous avons pu travailler.
En effet, nous changeons d’unité tous les jours, selon un plan bien précis qui a été crée en notre honneur par Puderva, la directrice des soins infirmiers de l’hôpital pédiatrique. (A noter qu’a notre arrivée le planning n’avait pas encore été traduit en anglais, et étant donné notre connaissance du mongol et de l’alphabet cyrillique, les deux premières semaines furent un peu « à la mongol », on ne savait jamais ou on allait passer la journée…).
Lors de nos journées de stage, nous sommes généralement prises en charge par un médecin ou une infirmière, qui parlent la plupart du temps anglais ou allemand. Dans le cas ou personne ne parle une autre langue que le mongol, on apprend à utiliser la communication non verbale, qui marche étonnamment bien ! Je pense notamment à Emmanuelle qui a réussi à donner des informations sur une bonne alimentation et un cours de fitness à des infirmières plus que ravies ! (C’était une journée très calme en salle de réveil…).
24.06.2009
un week end estudiantin
Samedi 6 juin :
Le rendez vous était fixé à 9h, nous sommes finalement partis à 11h..pas trop mal. Nous embarquons donc à 16 dans un bus 8 places…toutes têtes dehors (enfin, pas les nôtres…)
Miranda, Heather, Emmanuelle et moi, ainsi que la majorité de notre classe…
Après 2h de route tumultueuse et pleine de trous, nous arrivons enfin pour la première étape, le rocher de la tortue, qui ressemble effectivement à une tortue…on peut l’escalader, faire du cheval autours, et même du chameau !
Nous partons ensuite pour un très joli temple perdu dans la montagne, entouré de moulins à prière aux sons étranges. La vue est magnifique.
Mais nous commençons à avoir faim. Nous reprenons le minibus en direction du camp de gers, ou notre propre yourte nous attend pour le pic nic.


Au programme, manger, manger, boire, manger et un peu de sport pour faire descendre le tout. (volley, badminton…très courageux, selon nous, étant donné le vent, mais cela n’a pas l’air de les perturber tant que ça).
Premièrement, allumer le feu et préparer le tsutatzé, thé traditionnel au lait et au sel. Puis ajouter un peu de viande, des boozes qui ont effectivement le goût du mouton du marché, du riz…ils sont extrêmement bien organisés. Les garçons amènent le bois, les filles cuisinent, le tout dans la bonne humeur, un régal.
Avec nos pic-nics avec petit panier et couverture à carreaux, nous pouvons aller « nous rhabiller ».
Après une petite promenade digestive, nous nous attendions à des jeux, mais non. Au planning, barbecue et bière !!! Rien que ça…mais ou est ce qu’ils trouvent encore la place de mettre ces brochettes de viandes et de légumes (qui auraient été excellents s’ils n’étaient pas carbonisés)

La journée a été bien remplie, il se met à pleuvoir sérieusement. Une dernière visite aux dinosaures de pierre, puis nous rentrons retrouver Kristina, restée courageusement au lit avec son estomac en miettes…
Dimanche 7 juin :
Enfin une journée far niente bien méritée…enfin presque. Sport matinal, courses et aménagement de notre nouvelle cuisine, il y a de quoi faire.
Et lorsque l’on se décide enfin à sortir…comme un signe, il se met à pleuvoir des cordes…si si si, il faisait beau jusque-là.
Le soir, on a rendez-vous avec Arioka un de nos amis de la résidence qui nous invite pour le souper. De notre côté, nous préparons le dessert…fondue au chocolat (apparemment très appréciée, mais pas par tous)!
Il nous a cuisiné des nouilles qui sont excellentes. Le souper est animé par des photos, des chansons et une bonne partie de l’attention se porte sur le petit chiot de quelques jours qu’il a recueilli. Il se fait tard. Demain, le réveil sera un peu dur…tant pis !
23.06.2009
un jeudi de la vie estudiantine à UB
Jeudi 4 juin :
Ce matin, cours de gynécologie pour Kristina et moi. Pour une fois, nous avons droit à un vrai cours, donné par un professeur. Tout le monde a l’air très concentré soudainement.
Puis c’est le branle bas de combat…tout le monde enfile masque et bonnet, on part pour la pratique, dans le bâtiment d’à côté. On a vraiment l’air de pingouins mais c’est ce qui fait le charme du voyage.
On a droit à une visite guidée du service d’obstétrique de l’annexe de l’hôpital numéro 1. On découvre alors que les femmes qui sont sur le point d’accoucher sont surveillées régulièrement et ne vont en salle de travail qu’une fois quelles sont « prêtes ». Sous entendu, en théorie, et en pratique, du moins pour aujourd’hui, l’accouchement à proprement parler dure en tout 2 minutes, 5 si l’on compte l’expulsion du placenta…inutile de préciser que tout se passe en silence, sans aucun antidouleur pour la future maman, y compris lorsque l’on s’occupe de recoudre tout ce qui s’est déchiré. Selon ce que nous traduisent les étudiants, la péridurale n’est utilisée que lorsque cela est nécessaire. A nous d’évaluer…mais nous en arrivons vite à la conclusion que la douleur n’est pas perçue de la même manière dans nos deux pays.
Le nouveau né est alors emmailloté comme une poupée, ce qui le rassure apparemment. Ils sont vraiment très attachants…
Autre coutume Mongole, le portable qui sonne à peine l’accouchement terminé, la maman se retrouve pendue au téléphone, sourire aux lèvres, probablement en train de raconter comment cela s’est passé.
Mais le retour à la réalité des cours est moins agréable…et nous passons à nouveau le reste du cours en classe, mais sans professeur, à discuter et à donner des leçons de Franco-Mongol.

22.06.2009
Vie estudiantine ordinaire à UB
Mercredi 3 juin :
Ce matin, Miranda et moi avons rendez vous avec Marco pour assister aux visites du matin des soins intensifs.
La visite des patients se fait rapidement, pour que Marco et Valérie puissent ensuite aller avec Gambat faire le tour des différents services des soins intensifs de la ville.
Par chance, nous pouvons les suivre.
Nous voilà donc partis direction l’hôpital des traumas, puis le maternal and child, suivi d’un hôpital de district, du cancer hospital et finalement de l’hôpital des infections
On constate très rapidement que ce que l’on nous avait dit était vrai…le label « soins intensifs » est posé sur tout service disposant d’un peu plus de personnel et d’une bouteille d’oxygène, le plus souvent située sans aucune protection dans un coin de la pièce…est elle pleine ? Grande question.
Idem pour le matériel, de qualité, mais fourni sans aucun service technique par les autres pays…donc souvent non fonctionnel.
Nous constatons également l’importance de la famille, qui amène la nourriture et les draps aux patients. Pas terrible du point de vue de l’hygiène mais très impressionnant sur le plan relationnel et culturel.
Lorsque Gambat entre dans un hôpital, il est souvent très bien reçu. Il semble avoir vraiment une bonne réputation. Nous par contre, on nous demande souvent d’attendre ou de repasser plus tard. Le temps de faire le ménage ?
Ce qui nous impressionne le plus, c’est le contraste entre ces halls d’entrée et ces couloirs remplis de patients et de leur famille, qui sont en totale opposition avec ces chambres et ces lits vides…
On se croirait parfois dans un hôpital fantôme



