01.12.2009
Mes collègues suisses de l'infirmière Tsetsge
Je travaille avec mes collègues suisses depuis longtemps. Les débuts ont été difficiles car personne ne parlait français ou anglais dans le service. La première infirmière genevoise présente à ce moment (Claire-lise) devait payer une traductrice à plein temps. Cette période a été difficile car celle-ci ne connaissant pas les termes médicaux que ce soit pour les médicaments ou le matériel. Il a fallut inventer des nouveaux mots. La première mission de Claire-Lise a été de tenter d'expliquer à l'équipe quels étaient le rôle et le travail spécifique d'une infirmière de soins intensifs. Jamais nous n'aurions pu penser que cela représentait une spécialité à part entière. Cette formation n'existe pas ici, les infirmières sont toute égales après la fin de leurs études. Après trois années successives des missions genevoises sur place, j'ai pu aller à Genève pour améliorer mes compétences et mes connaissances d'infirmière aux soins intensifs. J'eu l'honneur d'être choisie par Jacques, Claire-Lise, Chantal et Isabelle pour être la première infirmière à venir en Suisse. Aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas pourquoi j'ai été choisie.
Mes débuts à Genève ont été très difficile car je ne parlais pas français ni anglais. J'ai beaucoup souffert au début de la nostalgie du pays. La première fois que j'ai dit bonjour à quelqu'un, il ne m'a pas compris bien que j'ai tenté de le dire en français! Je pensais ne pas pouvoir rester travailler pour les 6 mois suivant à Genève. Mais j'étais coincée ici, il m'était impossible de m'enfuir vers la Mongolie! Je me suis donc forcée à apprendre cette langue pour survivre. Mes deux premiers mois ont été essentiellement dédiés à l'étude du français. Par la suite, j'ai enfin commencé à comprendre les gens autour de moi. Cette période a dû être difficile également pour mes collègues genevoises en raison de ces problèmes de communications. A la fin de mon séjour, j'ai enfin réussi à communiquer en français malheureusement c'était déjà le moment de rentrer chez moi

Malgré ces problèmes de langue, j'ai énormément appris sur mon travail. Cependant, dès le moment que j'ai pu m'exprimer en français, à plusieurs reprises j'ai été confrontée à mes collègues de Genève qui parfois ne voulait ou ne pouvait pas m'apprendre des choses. Je me suis entendue dire quelques fois qu'en Mongolie nous n'avions pas de soins intensifs et donc que je n'avais pas besoin de comprendre et de savoir comment faire certains soins. Dès le moment ou j'ai commencer à bien comprendre le français, j'ai été confrontée à deux phénomènes: le premier est que de plus en plus de monde venait me parler mais le deuxième, moins agréable, a été d'entendre certaine personne critiquer notre travail en Mongolie. Mon caractère m'a souvent obligée à aller leur parler car si je suis venue à Genève c'était bien pour apprendre ce travail et aussi pour leur montrer que je comprenais ce qui avait été dits!


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